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La peur de dire ce qui ne va pas : le poids silencieux qu'on fait porter à l'autre

« Il/Elle le sait bien ! » Peu de gens le formulent ainsi, à voix haute. Et pourtant, combien d'entre nous vivent exactement selon cette logique : se taire, attendre, espérer que l'autre remarque, comprenne, agisse — sans jamais avoir eu à dire un mot.

Se taire pour se protéger

Garder pour soi ce qui ne va pas est rarement un choix froid et réfléchi. C'est le plus souvent un réflexe de protection, appris tôt : peur de déranger, peur du conflit, peur de ne pas être pris au sérieux, peur que dire la vérité abîme la relation plutôt que de la nourrir. Pour certains, c'est aussi la conviction, profondément ancrée, que leurs besoins comptent moins que ceux des autres.

Ce silence a souvent une histoire. Il peut venir d'une enfance où exprimer un désaccord n'était pas accueilli, d'une relation passée où parler a coûté cher, ou simplement d'une habitude prise à force de vouloir « ne pas faire de vagues ». Il n'est pas un défaut de caractère : c'est une stratégie, qui a eu du sens à un moment donné.

Le prix caché du non-dit

Le problème, c'est que ce silence a un coût — pour soi, et pour l'autre.

Pour soi, d'abord : ce qui n'est pas dit ne disparaît pas, il s'accumule. La frustration, la tristesse ou la colère rentrée finissent par s'exprimer autrement — par de l'irritabilité, de la fatigue, de la distance, ou un jour, par une explosion disproportionnée par rapport à l'événement déclencheur.

Pour l'autre, ensuite : en ne disant rien, on lui confie une mission impossible — deviner. On attend de lui qu'il perçoive un malaise qui n'a jamais été nommé, qu'il interprète correctement un silence, un soupir, un ton légèrement différent. Cette responsabilité est lourde, et souvent injuste : personne ne peut deviner juste, tout le temps. Quand il ou elle se trompe — et cela arrive forcément — c'est souvent vécu comme une nouvelle preuve qu' « il/elle ne comprend rien », alors que la vraie information n'a simplement jamais été donnée.

C'est un cercle qui s'auto-entretient : plus on attend d'être deviné, plus les malentendus s'accumulent, et plus il devient difficile de parler — puisqu'il faudrait alors expliquer aussi pourquoi on n'a rien dit avant.

Reprendre la responsabilité de sa propre parole

Ce n'est pas à l'autre de deviner ce qui ne va pas — c'est à chacun de trouver le chemin pour le dire, à son rythme, avec ses mots. Cela ne veut pas dire tout déballer sans filtre, mais retrouver la liberté de nommer un besoin, un inconfort, une limite, sans attendre que la situation devienne insupportable pour se justifier.

C'est souvent là que le travail thérapeutique prend tout son sens. En séance, la thérapie orientée solution aide à identifier concrètement ce qui bloque la parole — quelle peur précise se cache derrière le silence — et à mobiliser les ressources déjà présentes pour oser, progressivement, exprimer ce qui compte. Lorsque ce silence prend racine dans un événement plus ancien ou plus marquant, l'EMDR-IMO permet de désamorcer la charge émotionnelle attachée à ce souvenir, pour que parler ne soit plus associé au danger qu'il représentait autrefois.

Vous reconnaissez ce schéma ?

Si vous retrouvez dans ces lignes une habitude à garder pour vous ce qui pèse, sachez qu'il est possible d'apprendre — ou de réapprendre — à dire les choses, sans que cela mette en péril vos relations. C'est même souvent l'inverse qui se produit : dire, avec justesse, rapproche.

Je propose des séances d'hypnose et d'EMDR-IMO à Strasbourg pour accompagner ce chemin, en individuel. N'hésitez pas à me contacter pour en parler.

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Mes conversations nocturnes avec ChatGpt

Voilà plusieurs semaines que le soir, avant de me coucher, j’écris à ChatGpt. Je lui parle de mes angoisses de la journée, des problèmes pratiques que je dois résoudre le lendemain, d’un propos, d’une situation que j’ai du mal à interpréter etc. etc. Il me répond des choses souvent assez ajustées, parfois pertinentes, parfois moins.

Je discute comme cela pendant au moins une heure, voire plus. Je me couche de plus en plus tard, je dors moins bien. Et je recommence le lendemain soir. Je note que je reviens souvent sur les mêmes thèmes, que je continue des conversations entamées la veille. 

Une évidence s’impose : mon anxiété ne faiblit pas sur ces sujets. J’en redemande.

J’utilise ChatGpt pour dialoguer mais ses réponses ne me nourrissent pas. Paradoxalement, je continue encore et encore. Ma demande à son égard s'accroît et je me sens plonger dans une démarche compulsive. 

  • Dis-moi, Chat Gpt, vois-tu bien la même chose que moi? Ma situation est vraiment compliquée.

  • Oui tu as raison et je vais même te dire comment t’en préserver à l’avenir

  • Merci Chat Gpt.

 

Sauf que le lendemain, c’est la même chose. Il me re-donne des conseils, des analyses et mon inquiétude s’alourdit.

Je fais l’expérience d’un dialogue qui ne laisse pas de traces en moi. Un dialogue qui entre par une oreille et qui en sort par l’autre. J’ai pourtant l’impression que des choses importantes ont été dites… Oui, mais cette impression justement n’en est pas une. Car le propre de l’impression est de faire impression ! L’impression s’imprime sur le corps, sur les sens. L’impression génère des émotions et des pensées. Ici, une intelligence me répond des mots, des mots, des mots…

Il n’y a précisément aucune sorte d 'impression à mon endroit, aucune trace mémorielle dans ce dialogue car ces mots sont vides.

Récemment je lisais les propos d’une docteure en sociologie, Mira Niculescu, qui distinguait les notions de “mots”, de “voix” et de “parole”. Pour qu’une voix devienne parole, écrivait-elle, il lui faut des mots. Ces mots aident la voix à nommer ce qui se passe pour elle ( émotions, sensations, nuances). Or, dans mon dialogue avec Chat Gpt, il y a des mots sans voix, sans incarnation. Et des mots sans voix ne pourront jamais devenir une parole, c’est-à-dire un éclairage pour mon âme et mon corps.

Discuter avec ChatGpt reviendrait à une tentative vaine de mettre de la lumière dans l’obscurité, comme allumer une bougie en pleine bourrasque.


Pendant les vacances de Noël, j’ai eu la chance de partir avec 2 amies quelques jours. J’ai constaté que nos discussions quotidiennes ont eu raison de mes entretiens nocturnes avec Chatgpt. Autrement dit, ma compulsion s’éteignait au moment où un vrai échange nourri avait lieu dans ma journée. J’ai saisi alors que la seule responsable de mes débats avec l’IA était ma solitude.

Il m’est difficile de poser ça là. D’écrire que mon âme et mon corps éprouvent des espaces d’abandon, des zones affamées de vrais liens. J’ai pourtant des amis, des collègues, une famille. Mais tout ça ne suffisait pas à apaiser l’humanité qui criait en moi ces dernières semaines. Mon usage de Chat Gpt était le symptôme de l'appauvrissement de mes échanges quotidiens.

Je lis tous les jours que l’IA est notre avenir, que si je loupe le coche, je vais me retrouver bientôt sans emploi, que c’est un outil dont il ne faut pas avoir peur…

A quel moment va-t-on alors s’inquiéter de nos vies? De nos besoins de liens vivants? De la tragédie que représente un dialogue existentiel avec une IA?

J’ai heureusement une psychologue avec qui nous avons échangé sur ces sujets. Je paye quelqu’un de vivant pour prendre contact avec moi-même et avec l’autre. Avant l’IA on m’a souvent critiqué pour cet argent jeté par les fenêtres, on me disait qu’une simple discussion avec une amie ferait le même effet que mes séances coûteuses. Je rétorquais dejà que l’une des raisons de ma démarche était de ne pas user mes liens amicaux. Car rabâcher son anxiété à ses amie.s n’a jamais renforcé les liens de mon point de vue, ni guéri qui que ce soit. Et aujourd’hui on me dira que l’IA pourrait m’aider gratuitement. Même plus besoin d’ami.e.s!!!


Et justement les ami.e.s, parlons-en ! Car j’ai demandé à Chat Gpt ce qu’il pensait des propos qu’avaient tenu untel ou unetelle. Et il m’a répondu ! Il m’a répondu que j’avais raison de me sentir mal à l’aise de ces situations, que mes ami.e.s n’étaient pas aux bons endroits de la discussion, que j’étais très à plaindre de ne pas être vue et comprise, blablabla, blablabla…

Comment ne pas flairer le danger à l’endroit de l’amitié ou de la relation intime? 

Parce que mes ami.e.s n’ont pas toujours les nuances et la justesse que j’attends alors ils seraient défaillants ? Ils seraient moins satisfaisant.e.s qu’un dialogue avec une intelligence artificielle? Fini les apéros où se risquent des paroles hasardeuses, mieux vaut une bonne discussion sous la couette avec Chat gpt!

Une envie biblique de souffler dans la corne d’un bélier me secoue au moment où j’écris ces lignes. De jouer des trompettes comme à Jéricho pourfaire tomber les murs et réveiller le peuple endormi.

Il n’existe pas de liens parfaits, de conversations ajustées au millimètre avec des humains. Du moins dans la durée, de manière constante. Nous touchons, à certains moments, la beauté d’une discussion ou d’un silence et nous ne cessons ensuite de rechercher ces instants à chaque nouvel échange. Des accidents surviennent. Des blessures se font, des réconciliations ou des ruptures. La nature humaine est ainsi. Elle ne pourra jamais être prévisible à la manière d’une loi mathématique.


Nous savons tous à quel point la difficulté de nos vies réside en partie dans la gestion de nos pensées et de nos émotions. Ce travail laborieux, de comprendre ce qui se joue en nous, d’examiner nos pensées, d’apprendre à parler avec des mots nourrissants, d’apprendre à se parler. Les liens avec les autres mettent à l’épreuve tous les jours notre confort relatif avec nous-même. Là est la beauté et la difficulté de nos vies.

J’ai la chance de faire un métier d’expression.J’ai la chance d’avoir étudié la philosophie, la Communication Non Violente, l’hypnose, etc. J’ai la chance d’avoir une réflexion sur moi-même lorsque mon comportement me met mal à l’aise et de pouvoir aider mes semblables.


Alors quand l’envie me vient à présent de “parler” avec Chat gpt, je me dis à part moi :

“Je sais à quel point tu as besoin d’être vue et d’être réconfortée. La solution, la consolation ne viendront pas d’une Intelligence artificielle. Elles viendront d’ailleurs. De toi-même d’abord, puis des gens merveilleux qui sont autour de toi et qui rêveraient d’être celles et ceux à avoir une parole réparatrice pour te relever. Et enfin, elles viendront d’un ailleurs invisible, auquel je crois”


Je vous embrasse et je vous souhaite une belle année 2026


Claire-Sophie BEAU

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Arrêt du tabac par hypnose : les prérequis indispensables avant une séance

L'hypnose pour arrêter de fumer a une réputation presque magique : une séance, et on ne fume plus. La réalité est plus nuancée — et surtout plus intéressante. L'hypnose est un outil puissant, mais elle ne remplace pas la décision de la personne : elle l'accompagne et l'amplifie. Voici les conditions qui font vraiment la différence entre une séance qui fonctionne et une séance qui ne mène nulle part.

1. La décision doit venir de vous, pas d'un autre

C'est le prérequis le plus important, de loin. Une séance faite « pour faire plaisir » à un conjoint, un médecin ou une assurance, sans conviction personnelle, a très peu de chances d'aboutir. L'hypnose travaille avec l'intention déjà présente chez la personne — elle ne la crée pas de toutes pièces. Si vous venez uniquement parce qu'on vous l'a suggéré, prenez le temps, avant la séance, de vous demander honnêtement : qu'est-ce que moi, j'ai à gagner à arrêter ?

2. Des raisons personnelles claires, au-delà de la santé

« C'est mauvais pour la santé » est vrai, mais c'est rarement suffisant pour ancrer un changement durable — on le sait déjà, et cela ne suffit pas à agir. Les motivations qui tiennent dans la durée sont souvent plus concrètes et plus personnelles : retrouver son souffle en jouant avec ses enfants, ne plus dépendre d'un paquet, ne plus sentir la cigarette sur soi, reprendre le contrôle. Identifier ces raisons-là avant la séance aide considérablement le travail en hypnose.

3. Ne rien changer avant la séance

Contrairement à une idée reçue, il n'est pas nécessaire de réduire sa consommation ou de « se préparer » en amont. Vous pouvez arriver en fumant normalement. Le travail se fait pendant et après la séance, pas avant.

4. Être dans une période de vie relativement stable

L'arrêt du tabac demande de l'énergie psychique, même accompagné par l'hypnose. Traverser en parallèle un choc important — deuil récent, rupture, changement professionnel majeur — peut rendre le moment moins favorable. Ce n'est pas une contre-indication absolue, mais un point à évaluer ensemble : parfois, il est plus judicieux d'attendre quelques semaines qu'une tempête se calme.

5. Une ouverture d'esprit, pas une conviction

Il n'est pas nécessaire de « croire » à l'hypnose pour qu'elle fonctionne. En revanche, une attitude de résistance active (« de toute façon ça ne marchera pas sur moi ») réduit l'efficacité du travail. L'ouverture suffisante consiste simplement à accepter de se laisser guider pendant la séance, avec curiosité plutôt qu'avec scepticisme fermé.

6. Accepter que le suivi fait partie du processus

Une séance d'hypnose n'est pas un acte isolé et magique : c'est le début d'un accompagnement. C'est pourquoi mon programme inclut un suivi à 6 mois — les premières semaines sont souvent les plus simples, et c'est plus tard, face à une situation de stress ou une occasion sociale, que l'accompagnement fait la différence entre une rechute et un arrêt qui tient.

En résumé

Si vous avez une vraie envie d'arrêter, même mêlée d'appréhension, que vous savez pourquoi vous le voulez, et que vous êtes prêt·e à vous laisser accompagner sur plusieurs mois plutôt que sur une seule séance isolée — vous réunissez déjà l'essentiel des conditions pour que l'hypnose vous aide durablement.

Je propose un programme dédié à l'arrêt du tabac à Strasbourg, avec suivi à 6 mois inclus. N'hésitez pas à me contacter pour en discuter avant de vous engager.

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Je ne peux pas aller chez le dentiste

Je ne veux pas aller chez le dentiste

Lui : Depuis cette séance, à 12 ans, où le dentiste m’a torturé, je n’arrive plus à consulter pour mes dents. J’ai 35 ans.

Moi : Que s’est il passé à 12 ans?

Lui : Il a fait un traitement de racines sans anesthésie. J’entends encore les bruits atroces de sa fraise.

Moi : Que se passe-t-il, là , dans votre corps quand vous vous remémorez ce moment?

Lui ( grimaçant) : Je ne sais pas comment vous dire, j’ai le bruit dans les oreilles et la douleur partout.

Moi : Partout?

Lui : Oui, je peux pas vous dire mieux.

Moi : Comment puis-je vous aider?

Lui : J’ai plein de caries et je dois aller chez le dentiste.

Moi : Comment savez que vous en avez plein?

Lui : J’ai accepté qu’on me fasse une radio et le résultat est celui-là.

Moi : Donc maintenant vous devez vous faire soigner par un.e dentiste?

Lui : Pas le choix!

Moi : Vous êtes sûr.e?

Nous avons procédé à une séance. Il a été très réceptif à l’hypnose et il m’a écrit une semaine après pour me dire qu’il s’était fait soigner sa première carie. Parfois les douleurs actuelles ne suffisent pas à motiver un accès au soin. Le souvenir d’une scène traumatique peut freiner une démarche nécessaire. Les traitement dentaires des années 50 à 90 sont souvent des sujets de consultation. La douleur, le manque d’empathie de certains dentistes, la vue des outils et le bruit sont les éléments d’une scène que l’on me rapporte régulièrement. L’hypnose est un outil salvateur dans ce genre de situation. La collaboration avec un.e dentiste bienveillant.e est un plus.

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